Laboratoires Vitalaë

Les principaux nutriments essentiels au cours de la première année de vie de bébé

Moment de tendresse entre une mère et son enfant

1) Les macronutriments

Les lipides (matières grasses)

Les lipides jouent un rôle essentiel dans la croissance et le développement de votre bébé. Ils apportent des acides gras indispensables que l’organisme ne peut pas fabriquer lui-même et qui doivent donc être fournis par l’alimentation.

Ces acides gras sont particulièrement importants pour :

  • une croissance harmonieuse ;
  • le développement du cerveau et du système nerveux ;
  • le bon fonctionnement du système immunitaire ;
  • la santé du système digestif.

Au cours des premiers mois de vie, les besoins en certains acides gras, notamment les acides gras polyinsaturés (AGPI), sont particulièrement élevés en raison de la croissance rapide du bébé et du développement de son cerveau.

Pendant l’allaitement, l’alimentation du nourrisson est naturellement riche en lipides. Avec la diversification alimentaire, à partir d’environ 6 mois, leur part diminue progressivement tout en restant essentielle.

Les recommandations concernant la part des lipides dans l’apport énergétique quotidien sont les suivantes :

  • de 0 à 6 mois : 50 à 55 % des apports énergétiques ;
  • de 6 à 12 mois : 30 à 40 % ;
  • de 1 à 3 ans : 35 à 40 %.

Parmi les acides gras essentiels, les recommandations européennes indiquent que :

  • l’acide linoléique (oméga-6) devrait représenter environ 4 % des apports énergétiques ;
  • l’acide alpha-linolénique (oméga-3) environ 0,5 %.

Deux autres acides gras à longue chaîne jouent également un rôle majeur dans le développement du cerveau et des fonctions cognitives :

  • le DHA (acide docosahexaénoïque) ;
  • l’ARA (acide arachidonique).

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommande un apport de 100 mg de DHA par jour entre la naissance et l’âge de 2 ans. Pour l’ARA, les besoins sont estimés à 140 mg par jour chez les nourrissons de la naissance à 6 mois.

Enfin, les recherches récentes montrent que la membrane du globule gras du lait (présente naturellement dans le lait maternel et également dans le lait de vache) contient de nombreux composés bénéfiques, comme des phospholipides, du cholestérol et des cérébrosides. Ces composants contribuent au développement du cerveau, soutiennent le système immunitaire et favorisent la santé digestive en participant à l’équilibre du microbiote intestinal.

 

Les protéines

Les protéines jouent un rôle essentiel pendant les 1 000 premiers jours de vie. Elles participent à la construction des cellules et entrent dans la composition des enzymes et des neurotransmetteurs, indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.

Les besoins quotidiens en protéines, rapportés au poids de l’enfant, sont les suivants :

  • de la naissance à 6 mois : 0,58 g par kilogramme de poids corporel et par jour ;
  • De 6 à 36 mois : 0,66 g par kilogramme de poids corporel et par jour.

Le lait maternel contient plus de 400 protéines différentes, qui remplissent de nombreuses fonctions. Certaines contribuent à protéger le bébé contre les infections, d’autres soutiennent le développement de son système immunitaire ou favorisent l’absorption des nutriments.

Un apport insuffisant en protéines peut entraîner un retard de croissance ainsi qu’un développement moteur et cognitif plus lent. À l’inverse, un apport trop élevé en protéines au cours de la petite enfance peut favoriser une prise de poids plus rapide et être associé à un risque accru d’obésité plus tard dans la vie.

Les glucides

Les glucides sont une source essentielle d’énergie pour les nourrissons et les jeunes enfants. Ils contribuent au bon fonctionnement de l’organisme et sont particulièrement importants pour le développement du cerveau.

Les recommandations concernant la part des glucides dans les apports énergétiques quotidiens sont les suivantes :

  • de 0 à 6 mois : 40 à 45 % des apports énergétiques ;
  • de 6 à 12 mois : 45 à 55 % ;
  • de 1 à 3 ans : 45 à 60 %, comme chez l’adulte.

Le glucose est le principal carburant du cerveau. Il est indispensable à la croissance, au fonctionnement des cellules nerveuses et à la transmission des informations entre les neurones.

Chez le nourrisson, le glucose est fourni par différents glucides présents dans l’alimentation, notamment :

  • le lactose, le principal sucre du lait maternel ;
  • les oligosaccharides du lait maternel, des glucides complexes naturellement présents en grande quantité.

Ces oligosaccharides ne sont pas digérés directement par le bébé. Ils servent de prébiotiques, c’est-à-dire qu’ils nourrissent les bonnes bactéries du microbiote intestinal. Ils contribuent ainsi au développement d’une flore intestinale équilibrée, essentielle pour la digestion, le système immunitaire et la santé globale du nourrisson.

À retenir : Les glucides apportent l’énergie nécessaire à la croissance et au développement du cerveau. Le lait maternel fournit non seulement du lactose, mais aussi des oligosaccharides qui favorisent le développement d’un microbiote intestinal sain.

 

2) Les micronutriments

Le fer

Le fer est un nutriment indispensable à la croissance et au développement du nourrisson. Il participe notamment au transport de l’oxygène dans le sang et au bon développement du cerveau.

Pendant les 6 premiers mois de vie, le bébé utilise principalement les réserves de fer accumulées pendant la grossesse. Comme le lait maternel contient naturellement peu de fer, ces réserves s’épuisent progressivement. À partir d’environ 6 mois, il devient donc essentiel d’apporter du fer par l’alimentation grâce à la diversification alimentaire.

Les besoins quotidiens en fer sont estimés à :

  • 0 à 6 mois : 0,3 mg par jour ;
  • 6 à 12 mois : 6 à 11 mg par jour ;
  • 1 à 3 ans : 3,9 à 9 mg par jour.

Une carence en fer peut avoir des conséquences importantes sur le développement du cerveau, des capacités motrices et des fonctions cognitives. Elle diminue également la capacité du sang à transporter l’oxygène, ce qui peut entraîner une fatigue et ralentir la croissance. Un dépistage précoce et une supplémentation adaptée permettent généralement de corriger cette carence.

Le calcium et le phosphore

Le calcium et le phosphore sont essentiels à la formation des os et des dents.

Au cours de la première année de vie, la minéralisation osseuse est particulièrement intense. Un apport suffisant en calcium et en phosphore est donc indispensable pour assurer une croissance osseuse normale et favoriser une bonne santé osseuse à long terme.

Le rapport entre le calcium et le phosphore (environ 2 pour 1) est également important. C’est celui que l’on retrouve naturellement dans le lait maternel et qui est reproduit dans les préparations pour nourrissons.

Si les préparations infantiles contiennent des quantités plus élevées de calcium et de phosphore que le lait maternel, c’est pour compenser leur absorption légèrement moins efficace par l’organisme.

Au cours de l’allaitement, la teneur en calcium du lait maternel reste relativement stable, tandis que celle en phosphore diminue progressivement.

La vitamine D

La vitamine D est indispensable à la croissance et à la solidité des os. Elle favorise l’absorption du calcium et contribue à une bonne minéralisation du squelette.

Les nourrissons allaités exclusivement ne reçoivent généralement pas suffisamment de vitamine D par le lait maternel seul. C’est pourquoi une supplémentation en vitamine D est recommandée dès la naissance, selon les recommandations en vigueur dans votre pays et les conseils de votre professionnel de santé.

Un apport insuffisant en vitamine D peut entraîner des troubles de la minéralisation osseuse, comme le rachitisme.

Les besoins quotidiens sont estimés à 10 µg (400 UI) de vitamine D par jour chez les enfants de la naissance jusqu’à 3 ans.

Même si la peau peut fabriquer de la vitamine D sous l’effet du soleil, il n’est pas recommandé d’exposer directement les nourrissons au soleil pour couvrir leurs besoins. Après le sevrage, votre médecin ou votre pédiatre pourra vous indiquer si une supplémentation reste nécessaire, car certains jeunes enfants ne reçoivent pas suffisamment de vitamine D par leur alimentation.

À retenir : La supplémentation en vitamine D est recommandée chez la plupart des nourrissons afin de favoriser une croissance osseuse normale.

La vitamine B12 et les folates (vitamine B9)

La vitamine B12 et les folates (vitamine B9) sont essentiels au bon développement du cerveau, du système nerveux et à la fabrication des cellules sanguines.

Chez la femme enceinte, une carence en folates augmente le risque d’anomalies du développement du tube neural chez le bébé. Chez le jeune enfant, un manque de folates peut être associé à un retard du développement cognitif et à une plus grande sensibilité à certaines infections.

Les besoins quotidiens en vitamine B12 sont les suivants :

  • 0 à 6 mois : 0,4 µg par jour ;
  • 6 à 12 mois : 0,5 à 0,8 µg par jour ;
  • 1 à 3 ans : 0,6 à 1 µg par jour.
  • Les besoins en folates sont estimés à :
  • 0 à 6 mois : 65 µg par jour ;
  • 6 à 12 mois : 80 µg par jour ;
  • 1 à 3 ans : 100 µg par jour.

Une alimentation variée et équilibrée permet généralement de couvrir les besoins en vitamine B12 et en folates. Les enfants suivant un régime particulier (par exemple végétalien) peuvent toutefois nécessiter une supplémentation, sur avis médical.

À retenir : La vitamine B12 et les folates sont indispensables au développement du cerveau et du système nerveux. Une alimentation adaptée permet le plus souvent de répondre aux besoins du jeune enfant.

 

Références:

Ahern G.J. et al. Advances in infant formula science. Annu. Rev. Food Sci. Technol. 2019. 10:75–102

Cerdo T., Dieguez E., Campoy C. Infant growth, neurodevelopment and gut microbiota during infancy: which nutrients are crucial? Curr Opin Clin Nutr Metab Care 2019, 22:434–441

Your guide to breastfeeding. OWH (office women health). www.womenshealth.gov.

EFSA NDA Panel (EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies). Scientific opinion on nutrient requirements and dietary intakes of infants and young children in the European Union. EFSA J 2013; 11:3408; 103 pp. doi:10.2903/j.efsa.2013.3408

Loughrill E., Wray D., Christides T., Zand N. Calcium to phosphorus ratio, essential elements and vitamin D content of infant foods in the UK: Possible implications for bone health. Matern Child Nutr. 2017; 13:e12368. https://doi.org/10.1111/mcn.12368

Melvin B. Heyman, MD, MPH, for the Committee on Nutrition. Lactose Intolerance in Infants, Children, and Adolescents. PEDIATRICS Volume 118, Number 3, September 2006 . doi:10.1542/peds.2006-1721

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